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Réunis au siège de la wilaya de Fès-Meknès jeudi 30 juin, les dirigeants de la compagnie aérienne Air Arabia, professionnels du tourisme, autorités et élus ont étudié la possibilité de faire de l’aéroport de Fès-Saïss un futur hub aérien pour la compagnie leader du transport aérien à bas coût.

«Nous mettrons à la disposition de la région deux appareils l’été 2018 et créerons de nouvelles dessertes au départ de Fès, en plus de 1.000 emplois dont 200 directs», explique Laila Mechbal, directrice générale d’Air Arabia, comme le rapportent les membres du Conseil régional du tourisme (CRT) présents à cette rencontre. Devant eux, «Mechbal a noté que l’engagement de sa compagnie nécessitera un appui de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) dans le cadre d’un contrat co-marketing, mais également une subvention de la part des collectivités locales».

Pour le premier volet, Driss Faceh, président du CRT, l’a rassuré de «l’accord de principe du directeur de l’Office». Pour ce type de contrat, le département d’Abderrafie Zouitene prend en charge des opérations promotionnelles et autres au profit des compagnies low cost. «Pour financer de telles actions et assurer un réel décollage de la destination, l’Office pourrait débourser entre 15 et 20 euros par passager», précise-t-on. En plus, il est demandé aux autorités élues une participation annuelle de 20 millions de DH. «Ces subventions (ONMT et collectivités locales) devraient être approuvées avant le 31 juillet», souligne la responsable d’Air Arabia. Ceci, afin de permettre à sa compagnie de préparer les offres, lancer la commercialisation, recruter le personnel adéquat et mettre, progressivement, deux avions de type A 320 à la disposition de sa nouvelle base aérienne. De 3 fréquences hebdomadaires, la compagnie passera à 31 fréquences en 2018, soit 10 fois qu’aujourd’hui. Il en est de même pour le nombre des voyageurs qui devrait grimper de 54.000 à plus de 500.000 dans deux ans.

En fait, grâce à l’installation de son futur hub aérien, le transporteur devrait atteindre une capacité annuelle (aller/retour) de 560.000 sièges. Pour les remplir, il proposera de nouvelles routes aériennes reliant Fès à Paris, Bordeaux, Milan, Rome, Cologne, Brussels, Istanbul, Strasbourg, Lyon, Londres et Barcelone, en plus du renforcement des liaisons qui existent déjà avec Toulouse et Montpellier. Par ailleurs, la compagnie a donné son aval pour des connexions régionales entre Fès et Marrakech (3 vols hebdomadaires) et Fès et Agadir (2 vols par semaine). Quelque 90.480 sièges seront réservés à ces vols domestiques.

Pour les professionnels du tourisme, «ces nouvelles dessertes créeraient une véritable dynamique au niveau de la région… elles devraient ramener une clientèle qui, faute de ligne point à point, préfère d’autres destinations». La création de dessertes aériennes avec la ville ocre et la capitale du Souss séduirait une clientèle qui veut profiter du balnéaire à Agadir, l’ambiance festive de Marrakech, et le musée vivant de Fès. Ces nouvelles liaisons boosteraient également le trafic aérien au niveau de l’aéroport Fès-Saïss. Celui-ci compte actuellement un peu plus de 800.000 passagers par an. Plus de 76,8% de l’activité est assurée par Ryanair. «Il faut multiplier les offres et ne plus dépendre d’une seule compagnie… afin de créer une concurrence, améliorer le service, et surtout attirer davantage de touristes à Fès», estiment les professionnels. Enfin, la création d’une liaison directe «Fès-Dakar», en collaboration avec l’ONMT, est vivement souhaitée. Le tarif de celle-ci ne devrait pas excéder les 2.000 DH. D’autant plus que leur destination est de plus en plus prisée des pèlerins tijanes et abrite désormais le siège de la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains.

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