L’artisanat est un vecteur de développement économique et social pour la médina de Fès. Telle est la conviction des responsables de la ville, pour qui ce secteur joue un rôle prépondérant de stabilité, d’épanouissement et de prospérité des habitants de la cité Idrisside. Ce n’est pas d’ailleurs fortuit que Fès est la première ville à avoir ratifié son plan régional de développement de l’artisanat (PRDA).

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Signée en 2007, cette feuille de route a enregistré des résultats encourageants ayant permis de donner un coup d’accélérateur au secteur. Pour Abderrahim Belkhayat, directeur régional de l’artisanat, «ce programme ambitionne de positionner la région comme une des locomotives pour le développement de l’artisanat au niveau national». Ceci, en capitalisant autour d’une image de marque haut de gamme de certains produits (zellige, art de la table en céramique, dinanderie et textile, accessoires de l’habillement traditionnel) et sur une extension de l’offre des produits de moyenne gamme en cohérence avec les caractéristiques de la capitale spirituelle du Royaume. En effet, la ville de Fès compte plus de 50.000 artisans, soit 17% de la population active, répartis sur plus de 200 métiers et 12.691 unités artisanales. L’artisanat est aussi la source de revenu pour près de 33 % de la population de la ville et pour plus de 75 % des habitants de sa médina. Dès sa signature, le PRDA s’est fixé comme objectifs un chiffre d’affaires global de 3,2 milliards de DH, soit une progression de 20 % par rapport à 2006, 182 millions de DH de chiffre d’affaires à l’export, soit une augmentation d’environ 500 % par rapport à la même année, 300 millions de DH de chiffre d’affaires en matière de tourisme , soit le double par rapport à 2006, et la création de 24.500 emplois permanents, soit non seulement un redressement de la tendance baissière, mais aussi une croissance d’environ 20%.

Pour y arriver, six axes ont été retenus, à savoir l’appui à la production des mono-artisans (404 millions de DH), l’appui à la commercialisation des mono-artisans (834 millions de DH), l’appui à la restructuration du tissu des PME (55 millions de DH), la promotion de l’artisanat (25 millions de DH), la formation (23 millions de DH) et la réalisation de mesures transversales (3 millions de DH). Dès son lancement, ce programme a visé l’amélioration de l’offre à travers le design pour mieux l’adapter à la demande pour une enveloppe de 5 millions de DH. Autres réalisations, la valorisation de la zone d’activités de Ain Nokbi, pour regrouper les dinandiers opérant dans la médina de Fès, augmenter leur productivité, améliorer leurs conditions de travail et leurs revenus pour la bagatelle de 174 millions de DH ainsi que la valorisation de la zone d’activité de Benjellik pour regrouper les potiers-zelligeurs de la ville pour une enveloppe de 183 millions de DH. Le programme a appuyé également l’équipement des artisans en fours à gaz à hauteur de 34 millions de DH, ce qui a permis d’améliorer la qualité et le volume de la production et de réduire l’impact négatif sur l’environnement, entre autres.

Partenaire de ces projets, le MCC (Millennium Challenge Corporation) a apporté une contribution substantielle à la concrétisation de quatre programmes. En tête figure l’appui à la production, doté d’une enveloppe budgétaire de 4,57 millions de dollars, et qui consiste en l’acquisition de fours à gaz. Sans oublier l’accompagnement des artisans concernés tout en prenant en considération le côté environnemental et social, et le programme de promotion de l’artisanat dans les villes de Fès et Marrakech, doté d’une enveloppe budgétaire globale de 10,6 millions de dollars, et qui vise à appuyer les campagnes de marketing qui mettent en valeur les produits artisanaux et la création artisanale. A noter enfin que le MCC a participé à la mise à niveau du système de la formation professionnelle et d’alphabétisation fonctionnelle, et le programme «Artisanat Fès Médina», qui vise la réhabilitation des infrastructures de commercialisation de la médina, notamment la Place Makina, la Place Lalla Yedouna, les fondouks Chemmaine, Sbitriyine, Staouniyine et Barka. Des endroits riches en histoire et qui grâce au peuple américain auront une nouvelle vie.

Youness SAAD ALAMI
Source: http://www.leconomiste.com/article/975257-fesartisanat-ce-qui-change-en-8-ans

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