Fès est éclairée à hauteur de 30% grâce à ses déchets ménagers. Installée au sein de la décharge de la ville, la centrale bioélectrique représente un modèle réussi en matière de valorisation énergétique des déchets et de contribution à la production de l’électricité à partir des énergies renouvelables.

C’est une première au Maroc. La technologie a été installée et est entretenue par la société Ecomed, spécialiste des projets de cogénération et de valorisation du biogaz.

« La collecte du biogaz est opérée en vue de la valorisation énergétique. Ainsi, pour la production de l’énergie électrique nécessaire aux besoins en énergie interne de la décharge, une centrale bioélectrique a été installée sur le site », a fait savoir Laraki Adesselam, ingénieur en chef chargé de la décharge contrôlée de Fès.

La centrale bioélectrique installée au niveau de cette décharge a nécessité près de 26 millions de DH d’investissement. Elle produit un mégawatt de puissance électrique et pourrait atteindre à terme jusqu’à 5 MW, a-t-il indiqué.

Initié par la société américaine Ecomed, responsable de la décharge contrôlée de Fès et par le Conseil communal de la ville, ce projet a contribué efficacement à l’amélioration de la gestion et de l’exploitation de la décharge, en convertissant le biogaz en énergie électrique, au moyen d’une centrale électrique d’un mégawatt (MW). Ce projet a fait de Fès une ville pionnière dans le domaine du développement durable au Maroc et en Afrique, à travers l’utilisation d’une énergie propre et renouvelable émanant de ses déchets pour l’éclairage, a ajouté M. Laraki.

Selon le responsable, « le biogaz est une énergie 100% renouvelable, produite par la fermentation des déchets, en produisant le méthane (CH4), qui est 20 fois plus polluant que le CO2 ».

la décharge contrôlée de Fès dont l’exploitation a démarré en 2004 traite tous les jours entre 750 à 1.000 tonnes de déchets solides.

Outre le traitement des déchets solides, la société a installé deux systèmes de collecte de biogaz, à savoir, une station de soutirage de 500 Nm3/h (nouveaux mètres cubes par heure), des torchères, et d’autres équipements afin de lancer le processus de méthanisation.

Ce processus permet aussi de valoriser le biogaz résultant de cette opération et de le convertir en énergie électrique.

« Notre système de collecte totalise quelque 12,7 km de conduites PEHD (Polyéthylène haute densité) et 25 têtes de puits pour mesure et contrôle », a-t-il expliqué.

La capacité totale de la décharge de Fès atteint cette année 26.000 MWH/an pour une puissance de 3 MW. Cette capacité passera à terme à 43.300 MWH/an, soit une puissance livrée de 5 mégawatts. A titre de comparaison, on a besoin de 3,5 MW pour éclairer la ville de Fès, a ajouté M. Laraki.

Dernièrement, la décharge a été équipée d’un poste de livraison et d’un transformateur de 20.000 volts, installations financées par Ecomed.

L’investissement global réalisé par Ecomed au niveau de la décharge s’élève à 100 millions de DH, dont 26 MDH pour les seuls équipements bioélectriques.

De son côté, la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Fès (Radeef) a financé la réalisation d’une ligne de moyenne tension, ainsi que le couplage de la station bioélectrique au réseau de la ville.

Le rendement de l’investissement ne s’est pas fait attendre. Pour une première année d’exploitation (2015), la production d’énergie renouvelable à partir de la décharge est estimée à 8.660 MWh/an, ce qui équivaut à des revenus de près de 7 MDH, alors que la puissance livrée est de 1 mégawatt. Selon Ecomed, le reste de l’énergie produite pourrait être vendu à des tarifs préférentiels à d’autres entreprises vertes, de transport ou de ciment, estiment les responsables du projet.

Réalisée dans le cadre d’un partenariat public-privé tripartite, regroupant la Commune urbaine de Fès, le ministère de l’Intérieur et la société délégataire Ecomed, la décharge publique de Fès est une infrastructure moderne contribuant, entre autres, à la préservation des ressources en eau, à la protection de l’environnement, à l’amélioration des conditions sanitaires, ainsi qu’à l’optimisation économique de la gestion des déchets solides.

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