Fès représente plus de 40% du volume total des exportations de produits d’artisanat au plan national. Les formations préparent les tanneurs en amont pour leur apprendre à mieux traiter les peaux, les transformer, les contrôler et surtout respecter l’environnement (Ph. YSA)

En 2008, la capitale spirituelle représentait 46% du volume total des exportations de produits d’artisanat au plan national. C’est pourquoi elle avait été choisie pour le lancement du premier plan directeur de formation professionnelle aux métiers d’artisanat. Mis en application au niveau des centres et instituts de formation (OFPPT), ce plan a profité aux artisans de Meknès, Marrakech, Agadir et Casablanca. Il visait la formation de 60.000 lauréats et la création de 115.000 emplois à l’horizon 2015.

Aujourd’hui, Fès continue à exporter son artisanat (plus de 40% du CA national) un peu partout dans le monde. «Toutefois, ses exportations transitent par le port de Casablanca et sont de ce fait comptabilisées dans le chiffre d’affaires de la métropole», fait remarquer Driss El Azami El Idrissi, maire de la ville et également ministre du Budget. Les produits d’artisanat de Fès sont très prisés car les artisans fassis disposent d’un savoir-faire ancestral et proposent une production de qualité. Et ils ont appris à s’adapter aux exigences du marché international. Certains parmi eux sont même revenus en classe pour se recycler et améliorer leurs méthodes de travail.

Fès compte ainsi 7 centres de formation professionnelle proposant des modules de «recyclage» du savoir-faire des artisans. Certains établissements offrent même une formation professionnalisante dans divers métiers d’artisanat. En 2015, l’Ecole supérieure de Technologie (EST-Fès) lançait sa filière «tannerie et industrie du cuir». L’objectif de ses dirigeants était de répondre parfaitement aux besoins que connaissent les tanneries à l’échelle régionale et nationale. Appuyée notamment par la Chambre de Commerce de l’Industrie et des Services (CCIS-Fès-Meknès), l’Association des tanneurs de la région, la Fédération marocaine des industries du cuir (FEDIC) et du Centre marocain des techniques du cuir (CMTC), la nouvelle branche a connu un franc succès. Douze lauréats de la première promotion sont aujourd’hui capables d’exercer les fonctions d’encadrement, d’accompagnement et de formation des jeunes tanneurs sur les techniques modernes pour la fabrication du cuir. D’un autre côté, ces apprentis ont également bénéficié de modules de formation sur le contrôle qualité, analyses physicochimiques et opérations de transformation des peaux. En parallèle, ils ont aussi profité de l’expertise espagnole du groupe Carles et l’association des tanneurs d’Igualada (à côté de Barcelone), cette dernière étant partenaire de la CCIS. La sensibilisation, le traitement, la gestion des déchets provenant de l’industrie du tannage des peaux et la transmission de ces concepts nouveaux en matière de transformation… ne sont pas en reste. Des formations qui permettent une insertion plus pratique et plus rapide dans le domaine du tannage et surtout une adaptation aux exigences environnementales.

Pour rappel, la déclinaison régionale de la vision de l’artisanat entend positionner la région de Fès-Meknès comme une des locomotives pour le développement de l’artisanat au niveau national avec des produits haut de gamme. Les objectifs escomptés visent 2,7 milliards de DH de chiffre d’affaires global, dont 181 millions de DH à l’export, et 24.500 emplois permanents. Pour y parvenir, l’appui à la production et à la commercialisation des produits des mono-artisans, la restructuration des PME et la qualification des artisans (formation) sont déjà entamés. Ces actions bénéficient à un secteur qui emploie à lui seul, plus de 50.000 personnes. Il fait vivre ainsi les deux tiers de la population de l’ancienne médina. D’où d’ailleurs, le projet phare de la restauration des monuments et sur lequel viennent se greffer plusieurs entités pour participer au développement escompté.

Source: http://leconomiste.com/article/1003046-fes-des-artisans-tanneurs-reviennent-en-classe

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