La capitale spirituelle représente plus de 40% du volume total des exportations de produits d’artisanat au plan national. Ce secteur emploie à lui seul, plus de 50.000 personnes. Il fait vivre ainsi les deux tiers de la population de l’ancienne médina. D’où d’ailleurs, le projet phare de la restauration des monuments et sur lequel viennent se greffer plusieurs entités pour participer au développement escompté. C’est ainsi qu’une nouvelle session de formation visant la formation des tanneurs vient d’être initiée par plusieurs partenaires.

«Dans le cadre des accords de partenariat établis entre la chambre de commerce, d’industrie et de services de la région de Fès-Meknès (CCIS-FM), l’association des tanneurs de la région de Fès et la municipalité d’Igualada de Barcelone, la Fédération marocaine des industries du cuir (Fedic) a sollicité l’Ecole supérieure de technologie (EST) de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah (USMBA), pour abriter la troisième session de formation des tanneurs de la région de Fès», rapporte Abdelkader Merouane, Secrétaire général à la présidence de l’USMBA. C’était l’occasion pour les tanneurs de la région de Fès d’échanger avec les étudiants de la formation licence professionnelle «tannerie et industrie de cuir de l’EST de Fès». Ces journées, appuyées par l’expertise espagnole du Group Carles et l’association des tanneurs d’Igualada ont porté sur plusieurs thèmes. Y figurent «l’identification, l’accès aux marchés internationaux et l’importance de la coopération entre les territoires», «les principes élémentaires de la gestion d’entreprise», «le processus d’amélioration technologique, productive, environnementale et énergétique», ainsi que «la notion du Cluster illustrée par l’exemple du modèle d’Igualada (Espagne)».

Pour Ali Ben Bassou, directeur de l’EST, «l’objectif principal de ces journées de formation vise essentiellement la modernisation, la compétitivité des entreprises et la mise en place d’une large politique d’accroissement de compétences en termes de formation et de qualification de la main-d’œuvre, d’assistance technique et d’innovation». «Dans une démarche d’ouverture sur le milieu socioéconomique, et pour répondre à la demande et aux besoins de ce secteur ancestral de la ville de Fès, notre établissement se félicite de ce rapprochement dont les premières relations sont concrétisées par la mise en place de la filière de licence professionnelle «tannerie et industrie du cuir», filière accréditée au titre de l’année 2015-2016», explique le responsable de l’EST. A cela s’ajoute la formation des étudiants par alternance, assurée grâce notamment aux tanneurs.

De plus, une convention de collaboration entre l’école d’ingénieurs d’Igualada de l’université polytechnique de Barcelone et l’EST de Fès a été établie pour accompagner les échanges d’enseignants et d’experts dans le domaine. L’objectif principal est de renforcer l’offre de formation afin de doter la région de compétences nécessaires, accompagner le développement économique et surmonter les écarts durables entre la qualification de la main d’œuvre et les besoins du marché du travail. Notons que l’EST offre des cursus de formations, en BAC+2 (DUT) et BAC+3 (Licence Professionnelle), innovants et structurés. Des périodes de stages en entreprises et des formations par alternance sont introduites dans les cursus de manière à contribuer à la qualification de la main-d’œuvre et à augmenter directement l’employabilité des diplômés.

Particulièrement pour le cuir, la formation des ressources humaines conditionne l’industrialisation du secteur. «Ils sont nombreux les tanneurs qui hésitent devant l’industrialisation, faute de personnel qualifié», fait remarquer Ben Bassou. Même son de cloche auprès de Omar Assobhei, président de l’USMBA, pour qui «l’université encourage les formations innovantes et adaptées aux besoins du contexte socio-économique et exhortel ouverture et les partenariats». «Elle est dotée d’une grande expérience dans le domaine de la recherche sur l’environnement et de l’expérience de l’Union des tanneurs d’Igualada dans le traitement et la gestion des déchets provenant de l’industrie du tannage des peaux, va participer à la mise en place de la première station d’épuration et de traitement des eaux polluées par l’industrie de la tannerie, dû à l’usage du chrome», conclut Assobhei.

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