• Sa restauration, fruit d’un partenariat public privé
  • Il devient le musée de l’art de l’Islam, selon Mehdi Qotbi

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Le musée Batha à Fès, connu aussi sous le nom de «Dar Snah» (maison des armes), fut à l’origine un palais d’audience et une résidence estivale construite à la fin du XIXe siècle par le Sultan Moulay Hasssan 1er . La bâtisse fut complétée et embellie par son successeur Moulay Abdel Aziz. Les bâtiments ne sont donc pas très anciens mais les proportions des arcades, des galeries, des cours et du jardin sont d’une très belle harmonie. Ce palais fut donc érigé en un musée «des arts et traditions populaires» dès 1915 par la volonté du gouvernement chérifien et du protectorat français. «Sous le chêne de ce musée, je me définis comme profondément républicaine de confession musulmane…et je dénonce les actes obscurantistes commis au nom de l’Islam sur un Coran dénaturé», disait Bariza Khiari, co-fondatrice du festival de Fès des musiques sacrées du monde. Comme elle, plusieurs intellectuels, ministres, ambassadeurs et autres ont vanté l’esprit de ce musée et son chêne vert plusieurs fois centenaire. «C’est un lieu chargé d’histoire de conservation du patrimoine de Fès très complet…il est inscrit comme patrimoine national depuis 1924!», s’exclament-ils. Ici, le visiteur peut remonter l’histoire dans les 13 salles des ailes Ouest et Est, en passant par le jardin médiéval qui offre un cirque naturel d’une beauté inédite.

Conscient de l’importance de l’édifice, Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées (FNM), a lancé dernièrement sa rénovation. «Ce projet s’inscrit dans le cadre de la stratégie élaborée par la FNM pour la rénovation des musées au Maroc. Ceci, afin de pouvoir les rendre à la fois accessibles et ouverts», déclare-t-il à L’Economiste.
Concrètement, le projet de restauration du musée Batha porte sur l’installation d’une étanchéité imperméable en bitume (près de 2.000 m2), outre la réfection des salles, les réseaux d’eau et d’électricité, et la menuiserie. Le tout devrait coûter entre 12 et 15 millions de DH. «C’est un privé qui a pris en charge les travaux préliminaires (étanchéité, électricité, l’eau, menuiserie) dans le cadre d’une collaboration entre public et privé», confie le président de la FNM. Ce dernier était, mercredi dernier à Fès, où il a participé à un ftour de travail avec le wali et les professionnels du tourisme. «La stratégie de rénovation des musées lancée par la FNM était au cœur de notre discussion», précise-t-il. Qotbi qui s’est enquis également du chantier du musée Batha, lancé le 5 juin dernier, affirme que celui-ci sera finalisé dans un an. «L’édifice rouvrira en juin 2017 sous une autre appellation. Il sera doté d’une exposition permanente qui s’appellera «le musée de l’art de l’Islam», en parfaite concordance avec la vision du Roi», annonce-t-il.
En tout cas, à travers ce projet, la FNM veut donner une véritable identité à la ville de Fès. Celle-ci sera également dotée d’un musée des arts et métiers de Fès.

Un projet qui nécessitera une enveloppe de 100 millions de DH et dont l’expertise et le savoir-faire de la FNM sont vivement sollicités. D’autant plus que son président affiche clairement sa volonté de «participer au développement économique social et culturel de la capitale spirituelle, dans une disposition et un soutien sans faille».

Expositions

L’UNE des dernières expositions permanentes du musée Batha célébrait «arts et traditions de vivre de Fès et de ses régions». Celle-ci renvoyait en effet à un ensemble de facteurs historiques et socioculturels qui ont marqué la ville de Fès et sa région le long de son histoire. Elle présentait à travers une sélection judicieuse d’objets, l’art de vivre à la fois chaleureux et délicat, les métiers et traditions qui se sont développés au fil des siècles dans des espaces publics et privés aussi bien dans la ville qu’à la campagne. L’exposition avait mis en scène des thèmes variés de la vie quotidienne citadine et rurale. Notons enfin que le musée Batha est très prisé des touristes. Il reçoit à ce titre quelque 30.000 visiteurs par an et cache bien des merveilles dans sa réserve souterraine. «Durant sa réhabilitation, l’accès sera possible, mais géré de manière à ne pas perturber le déroulement des travaux», explique son directeur.

 

Source: http://www.leconomiste.com/article/1000267-fes-une-nouvelle-vie-pour-le-musee-batha

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