gerard depardieu
Désormais ambassadeur de la gastronomie marocaine, Gérard Depardieu a tourné, le week-end dernier à Fès, un épisode de 43 minutes de son documentaire « A pleines dents ». Il sera diffusé sur Arte. Ici, l’acteur entouré de Mounia, la célèbre cuisinière de Riad El Amine et de Yassir Jawhar, président délégué du CRT (Ph. YSA)

Gérard Depardieu est désormais le nouvel ambassadeur de la gastronomie marocaine. La star française et son ami chef cuisinier, Laurent Audiot, étaient à Fès, du 11 au 14 février, pour tourner un épisode de la saison 2 de son documentaire gastronomique sur Arte, «A pleines dents» qui sera diffusé en septembre prochain. Ainsi, les deux hommes ont goûté aux mets typiques et filmé leur road-trip gastronomique et humoristique «dans la cité des douze siècles et sa région».
Lors de son séjour culinaire, Depardieu s’est intéressé particulièrement à la «pastilla au pigeon», le «méchoui», et les «pieds de veau». Il a filmé ses rencontres avec les chefs fassis à Riad El Amine et au Palais Faraj. Le tournage s’est déroulé aussi au marché des pigeons (Bab El Guissa) et dans la médina. Une nouvelle promotion pour Fès.

– L’Economiste: Fès vous a tellement séduit que vous en êtes devenu un ambassadeur…
– Gérard Depardieu:
J’adore le Maroc. Fès, cette ville de douze siècles, avec sa médina, et sa Quaraouiyine.  Je suis émerveillé par cette université, plus vieille que la Sorbonne de 3 siècles. J’ai senti la grandeur de cette porte culturelle énorme et d’histoire dans sa médina, avec beaucoup d’Africains qui viennent dans les mosquées pour prier et pour apprendre. Indépendamment de sa gentillesse, cette médina est très belle. Pour moi, Fès a son propre charme. J’adore tout le Maroc aussi, Casablanca, Rabat, Essaouira, Tanger et Marrakech où résident beaucoup de Français.
Mon amour pour ce pays ne date pas d’aujourd’hui. Il y a plus de 40 ans, j’étais au Maroc. Je trouve qu’il a vraiment changé dans le bon sens. Je me suis promené dans la campagne et je suis très heureux de voir que plusieurs enfants sont à l’école. Il est vrai qu’il y a encore des paysans qui ne veulent pas que leurs filles aillent à l’école, après le primaire. Le chemin est certes long pour changer cet esprit mais, vous en êtes bien sur le bon.

– Votre amour pour le Maroc ne provient-il pas du succès qu’a connu votre film «Astérix et Obélix», tourné à Ouarzazate?
– Peut-être. J’ai longtemps travaillé à Ouarzazate. J’habitais dans la maison du général au golf avec tout le personnel que j’ai retrouvé aussi lors d’un séjour à Tanger.

Outre son équipe de tournage, Gérard Depardieu est accompagné de Laurent Audiot, un ami de vingt ans, devenu chef cuisinier du restaurant parisien de la star "La Fontaine Gaillon". On le reconnaît à l'extrémité de la photo, à droite (Ph. YSA)
Outre son équipe de tournage, Gérard Depardieu est accompagné de Laurent Audiot, un ami de vingt ans, devenu chef cuisinier du restaurant parisien de la star « La Fontaine Gaillon ». On le reconnaît à l’extrémité de la photo, à droite (Ph. YSA)

 

Les Marocains sont accueillants.  Et là par exemple, à Fès, j’aime beaucoup une cuisinière extraordinaire, Mounia, de Riad El Amine, qui nous fait des plats magnifiques. Ce soir, elle nous a préparé un tajine de «pieds de veau». Pour sa part, Meriem nous a fait une pastilla au pigeon.  Pour ce qui est du film d’Astérix et Obélix, je regrette que la production qui était française s’est servie des 2.000 figurants pendant le Ramadan, pour ne pas les nourrir. J’ai trouvé cela absolument infâme. J’espère que les gens se défendront et que les productions payent les figurants assez bien, parce qu’ils travaillent dur. C’est honteux de ne pas les rémunérer ou choisir le mois du Ramadan pour ne pas les nourrir.

– Avez-vous des projets de films dans le pipe? Si oui, Fès pourrait-elle accueillir vos prochains tournages?
– Des projets de films, il y en a plein, mais je ne sais pas… Le cinéma n’est pas tellement intéressant. Le cinéma maintenant, pardon, c’est un peu comme les informations. Il est un peu déformé. Les réseaux sociaux nous inondent de «vérités», on ne sait plus par quoi les gens sont intéressés. En tout cas, pas par la vérité ou faire du bien. Surtout lorsqu’on est dans des situations un peu gênantes dans ces réseaux sociaux. Moi, par exemple, je ne sais pas me servir d’un ordinateur et il y a 17 personnes qui signent mon nom. Qu’ils disent ce qu’ils veulent, ça ne m’intéresse pas.  S’il y a un projet de film, je penserais au Maroc, mais je n’aimerai pas salir Fès avec le cinéma. Le cinéma, ça vulgarise, c’est facile. Et puis Fès, c’est Fès. C’est une ville qui se mérite.

– Vous êtes interdit d’entrée en Ukraine et en Chine. Est-ce à cause de votre exil fiscal?
– Je tiens à préciser que je n’ai jamais eu de problème en Chine. J’y vais très souvent. Bien au contraire, je suis reçu par le chef religieux de la communauté de Shaolin, bouddhiste. Par ailleurs, j’entretiens de bonnes relations avec Vladimir Poutine (ndlr: Le président russe).

 

Un magazine en 5 épisodes sur Arte

En octobre dernier, Arte a proposé une semaine de rencontres gastronomiques riches de « pépites culinaires », découvertes au détour des terroirs français, en Bretagne ou au Pays Basque, mais aussi en Ecosse et en Italie,. Le tout en 5 épisodes. L’émission de Gérard Depardieu et du chef Laurent Audiot reviendra en septembre prochain. Le documentaire «A pleines dents» sera diffusé en cinq épisodes de 43 minutes chaque soir à 19 heures. Gérard Depardieu a filmé une partie de son road-trip gastronomique et humoristique à Fès. «Une promotion qui tombe du ciel, puisqu’elle ne coûtera rien au Maroc et vise le marché français et européen», commente Yassir Jawhar, président délégué du CRT.

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